nathalie epron auteure

nathalie epron auteure

Féminisons l'or numérique

Féminisons l’or numérique

 

Introduction

 

On peut s’émerveiller, et sans doute parce qu’on s’en émerveille, d’une technologie censée nous délivrer de tutelles défaillantes en déployant formules alphanumériques, chiffrement haché menu, transaction pair à pair possible d’un bout à l’autre de la planète en quelques secondes, tout en s’interrogeant sur cette fiction[1] si séduisante. Nourri dans l’ombre, dévoilant une sorte d’art des fous oscillant entre résistance et marginalité, le Bitcoin est pris aujourd’hui dans une dynamique d’adaptation sinon d’assimilation dont il ne sortira peut-être pas gagnant. Si l’issue est incertaine et la question prématurée, elle précipite néanmoins l’impératif de la nécessité : le rendre plus populaire que jamais avant la main mise de tous les rapaces institutionnels qui attendent tapis dans l’hypocrisie le moment propice pour se l’approprier et nous en déposséder. Ce nous encore si numériquement faible[2] et d’autant plus faible si on l’évalue d’un point de vue genré[3] : peu de femmes, une majorité d’hommes.

Le phénomène est classique me direz-vous, observé au commencement de tout bouleversement technologique. Succession de sésames réservés à certains plus qu’à d’autres comme l’illustre la masse d’individus échappant au tout-numérique et qui a déjà produit une littérature abondante sur le sujet. La dématérialisation n’entraîne pas la disparition d’implicites normés et la métamorphose de phrases en lignes de code, générateur d’un nouveau langage supposé universel (mais  qui n’est créé et lu que par quelques-uns), n’engendre pas plus l’égalité qu’elle ne neutralise la dissymétrie des genres.

L’écosystème crypto, placé lui aussi sous l’empire algorithmique hérissé de principes d’horizontalité et de transparence qui serait, par essence, révolutionnaire dans ses intentions et pratiques – n’échappe pas à la règle et semble reproduire un formatage normatif qui n’aurait presque rien à envier au fonctionnement  du vieux monde honni.

 

Arithmétique et combat

 

Si on se fie aux chiffres évaluant la présence des femmes dans la communauté crypto[4], on voit qu’elles ont eu jusque là peu accès au trésor, d’autant plus qu’il a longtemps paru abstrait, scintillant uniquement sur écran et dans les yeux des binge-geeks lorgnant sur une Lambo[5]. Si les clichés ont bon dos, ils s’usent à l’épreuve de la réalité  - la chute en valeur fiat de bitcoin et consorts de ce point de vue est très salutaire - et on sait bien que les acteurs de la cryptosphère sont, pour la plupart, animés par des objectifs bien plus ambitieux que l’accumulation de richesse personnelle. Néanmoins la place de celles  qui n’y sont pas questionne ce nouveau monde qui se profile et il faut aller vite car, « une fois que les lois et les normes sont intégrées dans les technologies, elles deviennent plus difficiles (…) à réviser [6]».

Vu de loin, l’univers des cryptos  ressemble encore à un terrain de jeu un peu brutal (et même de près, si on se fie à la bataille fratricide entre bandes rivales autour du hard fork de Bitcoin Cash en novembre 2018), à un sport pour amateurs de sensations fortes où nombre de femmes et d’hommes ne se projettent pas. Sauf que ce Far West que se plaisent encore à relayer même les media dits sérieux (Le vieux Monde titrant «Le sulfureux bitcoin  fête ses dix ans[7]») est plutôt, pour reprendre une expression de Joëlle Toledano, un bac à sable[8] ou plus justement en cette fin de 2018, comme le dit et le répète Jacques Favier, une expérimentation encore adolescente d’un protocole prometteur. En constante évolution, cet écosystème immature mais dynamique[9] est constitué d’un maillage de projets, d’entreprises, d’initiatives multiples et s’il est déjà modelé par des impensés discriminants, on a bon espoir, du fait de son protocole mélioratif, qu’ils puissent être modifiés.

 

Péché mignon

 

Sauf qu’il va falloir faire avec un univers modelé par des codes et des repères déjà bien en place. Qu’il s’avance à découvert comme étape ultime du vieil héritage patrimonial, ou beaucoup plus masqué à l’image des masculinités complexes d’aujourd’hui.

S’il est vrai que le Bitcoin, encore nimbé d'une fougue juvénile, est traité de façon trop « messianique et trop technique par ceux qui développent son environnement [10]», on peut envisager ce penchant véniel  avec le sourire, péché de jeunesse, se dit-on, d’un protocole qui vient tout juste de fêter ses dix ans. Mais si on se réfère à l’Augustin des Confessions, grand connaisseur du dit fait devant l’Eternel, on sait que ce qui importe dans le péché n’est pas tant son objet – lequel peut être mignon – mais son intention. De fait un péché, aussi inoffensif qu’il paraît, renvoie son auteur à « la tragédie de l’homme – croyant ou pas – qui entend faire lui-même son salut et édicter ses propres lois[11] ». On entre déjà dans le vif du sujet qui serait un poncif du genre... masculin, enclin à se croire facilement le roi de l’univers en ayant intériorisé l’évidence que le monde est, par construction, à lui  et qu’il est là pour le prouver en permanence ; ce que la sociologie spectacle à l’américaine avec son représentant controversé[12] nomme l’entitlement[13].

 

 

La mythologie virile du Bitcoin

 

 

Cette arrogance banale relève de l’expression archaïque d’une toute-puissance originelle ensemencée par une culture androgenrée générationnelle (technophilie, science-fiction, heroic fantasy, mangas, jeux vidéo…) où abondent les héros messianiques socialement hors-jeu qui luttent contre un système oppresseur. Cette subculture, non pas au sens de sous-culture[14] mais plutôt de l’expression d’une distinction, s’inscrit dans une tradition millénaire qui sait parfaitement adapter ses marronniers sexués sous couvert de nouveauté ou de résistance à l’ordre dominant. Rien de transgressif là-dedans, bien au contraire. Ses marginalités vite avalisées par la culture dominante (le recyclage accéléré des contre-cultures[15] est une des grandes prouesses du conformisme contemporain)  contribuent à édifier une imagerie confite dans de l’huile sainte faite de déférence et de révérence à des modèles devant lesquels on s’incline sans les questionner. Imposant sa hiérarchie écrasante sous couvert d’anticonformisme, balançant ses gros mots comme « génie », cet univers aux repères connotés exclusivement du côté du père (le patrimoine n’embaume que les fils) réinscrit mine de rien, à chaque nouveauté, sa prééminence et légitime la supposée aptitude masculine à la transcendance. N’oublions pas que le mot ordinateur vient d’un adjectif désignant Dieu qui met de l’ordre dans le monde[16] et participe de l’idée selon laquelle la contemplation des nombres serait la clé d’accès à l’ordre divin[17].

 

La forteresse masculine[18] retrouve ses atours, reconsolide ses prérogatives et réinterprète à la mode contemporaine des modèles culturels hégémoniques où la figure du bitcoiner est digne d’entrer dans le panthéon des super-héros  en jouant sa partition du seul contre tous.

 

La mythologie virile est en place pour un storytelling mêlant scénographie ostentatoire du visionnaire, « nouvelle incarnation de l’esprit du capitalisme technologique, qui tire profit du commerce des promesses de la tech et d’un culte de l’entrepreneuriat de rupture »[19].

 

 

Normes masculines

 

 

 

Ce concept de rupture, d’innovation, aussi disruptive soit-elle pour reprendre un psittacisme à la mode piqué aux cruciverbistes (« disruption » est recensé dès la fin du 18ème siècle dans le Littré), est central car il territorialise le Bitcoin du côté du masculin et réactualise le vieux registre duel de l’homme acteur et transformateur du réel et de la femme passive qui le subit. La hardiesse de l’invention est historiquement et culturellement attribuée aux hommes (révolutionnaires dans l’âme) tandis que les femmes, oeuvrant pour la préservation de l’espèce, seraient conservatrices par nature, comme qui dirait… par essence, si tant est qu’on soit tenté par l’essentialisme et ses simplifications rassurantes, sortilèges désuets mais toujours opérants. Quoi qu’il en soit, « l’ouragan permanent » de la rupture, pour reprendre une expression de Joseph Schumpeter[20], c’est l’ADN de l’individu conquérant et la cryptosphère exploite au paroxysme les normes masculines de la « gouvernance » avec, notamment, une valorisation extrême de la prise de risque et de la dimension pionnière de l’action, comportements, on le sait, encouragés dès l’enfance chez les garçons. Cette esthétique  de l’héroïsme entreprenarial fait lignée, lignage avec la figure fanée du self made man dont on croit savoir qu’elle s’est aussi distinguée par sa propension à briller plutôt au masculin. Modèle référentiel d’une personnalité, couillue plus que culottée, réussissant à s’élever au-dessus de la masse au prix d’un travail acharné et surtout d’une audace démesurée.

 

Ainsi, si l’écosystème Bitcoin semble, pour le moment, indifférent aux différences sociales[21], il n’a pas intégré la problématique du genre, dont la réflexion autour de la performance a pourtant aussi agité les décennies pendant lesquelles il a été pensé, ce qui l’aurait dispensé, on peut toujours rêver, de reproduire cette mécanique séculaire d’exclusion des femmes que l’on retrouve dans le Manifeste Cyberpunk de C.A.Kirtchev, datant de 1997, qui insiste - aux innocents les mains pleines de normes intériorisées - dès les premières phrases sur l’aspect éminemment masculin de l’idéal libertaire : « Nous sommes l’être différent. Rats technologiques, nageant dans l’océan de l’information. Nous sommes l’effacé, le petit garçon qui s’asseyait à la dernière table dans un coin de la classe, nous sommes l’adolescent considéré comme bizarre (…) nous sommes l’étudiant (…) qui hacke des systèmes (…)[22] ». Ce passage rappelle bien sûr la figure marginale attachée séculairement à celle du génie créateur, du poète maudit que la tradition a consacré en haut de sa tour d’ivoire. Mais la part maudite, bien entendu, n’est pas celle-là, c’est dans ce nouveau monde proclamé, faire encore et toujours l’économie d’une bonne partie de l’humanité et pour cela, il y a toujours mille et une bonne raisons, les toutes vieilles élimées jusqu’à la corde qui nous pendra, et les nouvelles dont la nouveauté n’est que formelle, la révolution picturale incarnée par un Picasso nous a appris qu’il ne suffit pas d’être novateur sur la forme pour l’être sur le fond.

 

L’effacement des femmes

Ce sont toujours les mêmes mécanismes qui sont à l’œuvre, raison pour laquelle nous ne nous y attarderons pas, mais rappelons tout de même quelques faits historiques notoires qui montrent comment se produit l’effacement des femmes du champ de l’expertise tout en sachant qu’aujourd’hui, la grande nouveauté, c’est que l’on ne peut pas dire qu’on ne le sait pas, qu’on ne le voit pas. L’invisibilité des femmes est enfin devenue visible et s’accompagne d’actions institutionnelles et privées pour changer un monde qui change mais qui ne changera pas tant que ça si l’on en fait fi.

Tant que l’ordinateur a été considéré comme le prolongement de la machine à écrire et corrélativement associé à des tâches sans envergure, plutôt fastidieuses et répétitives, les femmes ont été majoritaires en tant que techniciennes, perforatrices ou opératrices de saisie dans la filière informatique. Avant cela, dans les années 50, elles étaient même plus souvent qu’à leur tour programmeuse, mais la fonction d’alors était plutôt disqualifiée, obscure et sans dimension intellectuelle. Notons d’ailleurs que le premier programmeur de l’histoire fut la mathématicienne Ada Lovelace dont les notices biographiques surenchérissent avec une gourmandise non dissimulée sur son identité féminine (ascendance, descendance, accointance… en un mot comme en cent, elle est plutôt vue comme une comtesse enthousiaste grandie à l’ombre de ses grands hommes, Lord Byron et Charles Gabbage, que comme une mathématicienne visionnaire), que Grace Hopper a conçu les premiers langages de programmation, et qu’on pourrait citer bien d’autres noms comme celui de Margaret Hamilton, codeuse de la Nasa qui a conçu le système embarqué d’Apollo, ou Hedi Lamarr,  qui a élaboré, pour aller vite, ce qui annoncera le Wi-Fi, figurant une généalogie matrimoniale prouvant l’apport des femmes dans ce domaine.

On pourrait aussi citer ces sempiternelles femmes de l’ombre comme les Eniac Girls[23]ou les fameuses Harvard Computers, qui désigne le groupe de femmes que Pickering, directeur de l’observatoire astronomique de Harvard de 1877 à 1919, avait engagé comme calculatrices afin de traiter mathématiquement d'importantes quantités de données. Si l’astronome a engagé des femmes plutôt que des hommes, c’est parce que tout en étant performantes dans le traitement des informations[24], il pouvait aussi beaucoup moins les payer[25]. Ce phénomène courant est connu sous le nom de « l’effet de harem », petites mains, grandes cervelles contribuant au progrès mais que l’histoire a bien opportunément reléguées. On retrouve ce même type de mécanisme dans bien d’autres secteurs comme le cinéma  qui, avant de devenir une industrie très lucrative, a charrié tout un tas de pionnières, innovant à tout va ou plus près de nous, le domaine de la vidéo pris d’assaut comme medium performatif par les femmes artistes des années 60 et 70 avant de s’anoblir entre les mains d’un Godard ou d’un Coppola et d’être consacré par l’art contemporain, hissant les N.J.Paik ou  Bill Viola au rang d’artistes majeurs.

De fait, quand l’objet se pare de prestige, les hommes s’en emparent, se l’approprient et une exclusion insidieuse s’insinue où les femmes ne trouvent plus leur place (phénomène d’un entre soi et d’une autocensure qui s’alimente réciproquement).


 

[1] Toute unité monétaire quelle qu’elle soit est fictionnelle. Depuis des millénaires, qu’il s’agisse de pierres, de coquillages, de bouts de papier, la valeur accordée n’est tributaire que du consensus fédéré autour de l’objet. Sans sous-jacent depuis 1971, depuis qu’il a été décorellé de l’étalon-or, le dollar a de la valeur uniquement parce que tout le monde s’accorde à lui en donner.

[2] « … il s’agit encore d’une communauté émergente, équivalente à celle d’un petit pays » in Bitcoin métamorphoses, J. Favier, B.Huguet, A. Takkal Bataille, éditions Dunod, 2018, p. 245

[3] Entendu au sens anatomique et non du genre proprement dit : « Il n’y a pas de femme mais des fictions de féminité, il n’y a pas d’homme mais des histoires pour tenir debout » (N. Epron in Trouble dans la représentation).

[4] 4% de femmes selon le dernier rapport de Coindesk Research au deuxième trimestre 2018, pourcentage vraisemblablement à moduler à la hausse si on tient compte de la date à laquelle nous écrivons et du nombre toujours plus grand d’utilisatrices et de femmes impliquées professionnellement dans l’écosystème.

Dernière étude en date https://cryptonaute.fr/startups-blockchain-comptent-moins-femmes/.

En revanche, notons que dans des sociétés engagées dans le processus d’institutionnalisation des actifs de cryptographie, des femmes occupent  des postes de direction : Abigail Johnson (Fidelity Investments) ; Kelly Loeffler (Bakkt) ; Adena Friedman (Nasdaq) ; Stacey Cunningham (NYSE) ; Hester Peirce (SEC) ; Valerie Szczepanik (SEC).

[5] Le mot « Lambo » revient parfois sorti de son contexte sur certains forums crypto. Les investisseurs l’utilisent pour faire référence à leur future voiture (la « Lambo », autrement dit la Lamborghini) une fois que leur portefeuille de cryptomonnaies leur aura permis de faire fortune. Le terme est utilisé avec humour, puisqu’aucun investisseur en cryptomonnaie ne peut avoir la certitude de voir un cours augmenter sur le long terme in LE JOURNAL DU COIN.

[6] Pour tout résoudre cliquez ici,  Evgeni Mozorov, éditions Fyp. 2017, p 195.

[8] « L’enjeu, aujourd’hui, consiste à penser de façon cohérente les Blockchains et les crypto-monnaies et à cesser de considérer qu’on peut les séparer. À cet égard, il semblerait que nous soyons à la fin d’une première phase, dite du « bac à sable », qui consistait à ne pas empêcher l’innovation. La régulation doit être pensée de façon à favoriser l’innovation. L’année 2017 a marqué un tournant de ce point de vue, avec une demande de réglementation y compris de la part d’acteurs qui n’en voulaient pas. Les modèles économiques commenceront à se développer, et les technologies s’amélioreront. »in https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-rapport-blockchain-21-juin-2018.pdf.

[9] Comme le souligne Yorik de Mombines à la suite de Andreas Antonopoulos, auteur notamment de L’internet de l’argent (éditions Dicoland, 2018) : « le caractère décentralisé de Bitcoin favorise un rythme d’innovation technologique sans commune mesure avec ce que l’on observe dans les systèmes financiers traditionnels, dont le statut, les procédures et l’aversion au risque constituent des freins majeurs » in « Le Bitcoin est une monnaie en devenir » in Blocs, 20/12/2018. https://medium.com/blocsnews/le-bitcoin-est-une-monnaie-en-devenir.

[10] Bitcoin, la monnaie acéphale ; Adli Takkal Bataille, Jacques Favier ; CNRS éditions , mai 2017, p 18.

[11] Laurence Devillairs in https://www.cairn.info/revue-etudes-2012-3-page-377.htm#no1

[12] Michael Kimmel, auteur notamment de Angry white men.

[13] « légitimité, droit, bien-fondé ».

[14]L'utilisation du mot « sous » connote toute forme de culture dite non légitime de façon péjorative. Cette dépréciation disparaît en anglais dans le préfixe latin sub, qui renvoie davantage à un aspect souterrain, ou « underground ».

In http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Sous-culture/fr-fr/#anchorWiki.

[15] Cultures (juvéniles) alternatives de la classe moyenne […] qui « s‟opposent à la culture dominante d’une façon explicitement politique et idéologique, par des actions politiques et l’élaboration d’institutions alternatives » Hebdige (1987).

[16] « En 1955, Jacques Perret, professeur de philologie, est sollicité par IBM pour trouver un mot français pour désigner ses machines. Il répond : « Que diriez-vous d’ordinateur ? C’est un mot correctement formé qui se trouve même dans le Littré, comme adjectif désignant Dieu qui met de l’ordre dans le monde. » in Isabelle COLLET, « Effet de genre : le paradoxe des études d’informatique », tic&société [Online], Vol. 5, n° 1 | 2011, Online since 05 October 2011, connection on 06 December 2018. http://journals.openedition.org/ticetsociete/955.

[17] « Le monde est mathématique », proclame ainsi le titre d’une collection d’ouvrages diffusée en 2013 par le journal Le Monde (…). Aujourd’hui comme hier, les mathématiques seraient la clé de l’intelligibilité — et donc de la maîtrise — de l’univers. in La gouvernance par les nombres, Alain Supiot.

[18] L’expression, susceptible d’être recyclée à chaque époque, est de François de Singly dans Les habits neufs de la domination masculine in  Revue Esprit, novembre 1993.

[19] Steven Shapin, The Scientific Life : A Moral History of a Late Modern Vocation, Chicago, The University of Chicago Press, 2008, p. 269. 

[20] Capitalisme, socialisme et démocratie, trad. fr., Paris, Payot, 1951 [1942], p. 181. 

[21] Nombre de jeunes hommes sans formation particulière s’en sont emparé, pour le meilleur et pour le pire, si l’on se fie aux vidéos sur You tube mais qu’ils se dépêchent de prendre leur place au soleil, car une armée de trentenaires issus de business school trépigne sur le palier.

[23] de 1942 à 1945, l’armée américaine a recruté environ 100 femmes pour calculer les trajectoires balistiques au moyen d’une série complexe d’équations de calcul différentiel. 

[24] Grâce au travail de ces calculatrices, Pickering publie en 1890 le premier Catalogue Henry Draper, contenant plus de 10 000 étoiles classifiées selon leur type spectral. Il engage alors Antonia Maury, diplômée du Vassar College, afin de mieux classifier certaines étoiles. Celle-ci décide de faire mieux et refait la conception du système de classification. Cette classification est publiée en 1897, mais demeure ignorée. Plus tard, Pickering engage Annie Jump Cannon, une diplômée du Wellesley College, pour classifier les étoiles de l'hémisphère sud. Tout comme Maury, elle finit par concevoir un nouveau système de classification du type spectral et développe ainsi le Schéma de classification de Harvard, qui est à la base du système utilisé de nos jours in wikipedia. 

[25] Bien qu'une partie des employées de Pickering aient été diplômées en astronomie, leurs salaires étaient semblables à ceux de la main-d’œuvre non qualifiée. Elles gagnaient entre 25 et 50 cents de l'heure, ce qui était davantage qu'un travailleur d'usine, mais moins qu'une secrétaire in wikipedia.

 

 

 



07/01/2019
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