Fin de règne
Ivre d'une solitude qui le rend enfin au monde, ce captif de la lumière voit l'ombre sournoise monter vers sa tête nue. Qui a vaincu sa ferveur ?
O Dieu, supplie t-il, ne me livrez pas à la nuit ! Vous qui m'avez mené au bord extrême de la vie, vous ne pouvez m'acculer à l'absence, à l'invisible plus amère que la mort.
Dans le cercle fermé de ses doubles prunelles où il s'est vu roi, il apprend le secret qu'il a longtemps cherché de ceux qui vivent sans ors et sans palais, alors qu'ils auraient pu, tout comme lui, les convoiter.
Ah ! cette convoitise depuis longtemps en lui, de ses jeudis pubères, il s'en souvient très bien. De qui tue qui ? Qui a quoi ? et lui toujours violant la règle ludique pour posséder ce qu'a en vue ou en esprit l'aîné ou le voisin de pupitre, déjà tout agité de tics par la contrariété ou le triomphe à la clique.
A moins de pister Dieu jusque dans ses soutanes au parfum d'opium, il ne voit pas comment on peut abandonner la gloire d'être soi, enfin d'être lui.
Il se dresse à la lisière déferlante de la foule, abîmé dans la perspective barbare de l'anonymat. L'enfant obstiné en lui réclame de ne pas être enseveli. Est-ce à moi de chanter la beauté de mon commerce au monde ? Hélas ! j'ai déjà du poisson enferré les convulsions et peur battant de pair quand je croise leur regard.

Commentaires
Albert le 18/11/2008 à 19:05:35De qui s'agit-Il ? Je crois que je devine tous ces mots à mots couverts ne trompe pas l'homme sensé.