Tha bo/Thaïlande
L'Asie coule en flots rouges et un vieux Thaï me regarde en souriant, je lui montre aussi mes dents et je perds soudain le fil de l'existence. Je me demande, assise dans ce coin de l'univers, près d'un thé fumant et âcre, le sens de toute entreprise humaine. A l'ombre d'un grand temple d'où montent des clameurs, je distingue bêtement des facettes à la vérité terrestre. Progressivement, je crois démêler l'écheveau de leurs profondes croyances. A mes questions d'incrédule, Bouddha s'asseoit, se couche et pleure (toutes ces figurations existent vraiment) pourtant je sais l'essence des choses aucunement liée à leur réalité.
Un peu plus tard, sur les bords de la nuit et du Mékong, j'entends une musique pareille au fond de l'air et je regarde encore... moi si peu observatrice à me laisser traverser par les gens et les courants forts. A chaque pas, une même image : un long fleuve bordé de silhouettes féminines aux chapeaux pointus et d'indolents duos d'hommes qui fument lentement et ne se parlent pas, tous debout, assis, toujours face à l'eau. Je fais comme eux, je ne me verrai pas tourner le dos à cette légende. Quelque parole sur lui est d'avance ruinée par tout ce qui a été dit et redit mais quand l'ombre s'empare de ses eaux, le monument est encore plus impressionnant : il perd en puissance, ce qu'il gagne en mystère.

Commentaires
Peter le 04/11/2007 à 16:39:47Nice, very nice...