Vieillesse ennemie des gouvernements successifs
A une France vieillie pour laquelle on n'a rien prévu
D'éternels nous sommes vécus
Pourtant nous mourons en arbres presque centenaires
Pas toujours debout jusqu'à la mort
Regardant son squelette moins armature que courants d'air
Et la chair s'enfuit à travers les côtes et le cerveau déménage
retournant à l'enfance des mots des sentiments et des défécations – il n'y a pas que des mains dans les poches, que des
poches sous les yeux, plus d'yeux (il y a des vieux vifs) dans les yeux (et des vieux hagards)
De main dans la main tendue en vain
Un ciel de peau plissé à toutes les jointures
et parfois le miracle d'un centimètre carré de peau douce et lisse préservé de la vie qui passe
et qu'on n'a pas vraiment vu passer ou alors dans les jours lents de plomb quand la vie en attente ne se fait pas
Tant de morts parlent dans ma tête Un jour le rein lâche ou le foie ou le cœur ou le corps tout entier tout d'un coup
La langue se retrousse vers la gorge étroite, l'air rare râle et c'est la fin –
tant mieux pour certains car en attendant des moins vieilles s'occupent des plus vieilles
Auxiliaires de vie à vie
Le corps social entre les mains des femmes s'en débarrasse
la vieillesse comme prime jeunesse est affaire de femmes fatiguées.

Commentaires
Vera le 17/08/2007 à 18:40:31Comme cette vérité esclavagiste est joliment dite!