Les mots : enjeu démocratique
Evoquer le partage des pouvoirs, c'est pointer toutes les tensions, les distorsions qui traversent l'espace-temps contemporain. Rêve de l'individu démocratique, aurait-on pu croire, aussitôt et continûment démenti par la réalité des faits qui souligne inlassablement la faillite foncière des grands et beaux principes que sont l'universalisme, les droits de l'homme, la fraternité, etc. Aujourd'hui plus qu'hier encore, tout est contenu dans le langage et ses enjeux. Des notions admises comme des vérités immuables sont dorénavant interrogées, discutées, redéfinies à l'aune des brouillages actuels. On ne dira sans doute jamais assez l'énergie créative des mots, l'éruption volcanique du sens questionné et le cabrage indocile de la pensée qu'elle suppose. Revenir sur les mots qui structurent notre imaginaire collectif, les bousculer dans leur évidence sémantique, les interroger sur le lien avec la réalité qu'ils désignent, leur reprocher de n'être jamais à la hauteur des valeurs qu'ils défendent, voilà sans doute l'une des voies les plus fécondes de la réflexion contemporaine dans le débat démocratique. Débat qui montre à l'oeuvre la maturité et l'intelligence collectives, même si le langage, disait Derrida, "c'est comme le reste, il ne suffit pas d'en parler".
Article ajouté le 2006-12-09 , consulté 2012 foisCommentaires
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