nathalie epron

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Le petit théâtre de Cage Marais (5)

Ta stupéfaction scandalisée,

             mon impassibilité,

             impasse impair et passe

impossibilité d'agression

             je ne viens pas dans l'imbécillité

              des affrontements.

Je suis hors de tous les nous en furie,

hors de tous les vous fossoyeurs.

Je ne garde pas

ton visage

comme un caillou qui lapide la femme enterrée

jusqu'au cou.

           Moi,

            je suis

la soeur des frères sans fraternité, la fille du père

aimant, sans soeur et censeure-mère aux femmes

approchées par toi sans pèrefrère, étrangère

                                             à tes origines étrangères

du côté de ta mère

                            à qui pourtant va ta réclamation.

                 Tu vas entendre la voix de tes ancêtres !

                  Ah, bon !

Langue qui t'indiffère, t'indispose même dans ses

chuintements inélégants, comme une histoire de mode

qui ne conviendrait pas à ton larynx où niche un lynx

pour fêter tes vingt ans de cigarettes.

         Et, pendant ce temps-là,

ton père

                                   sans

                                    fille

se fait ouvrir le crâne.

On va enfin voir ce qu'il y a dedans

                  au-dedans du pèreforé du père troué.

Vrai père advenu sans faux pas,

plus de faux père

                        d'il faut un père à son histoire

                              restaurer le vieux principe du repère.

Plus de minuscule histoire lourde à trimballer,

               les coups disparaissent

                                en même temps que la tête.

Voilà

comment le père disparaît  complètement de la terre en surface,

            de la mémoire de profundis deux ave trois pater

à peine.

Horriblement brûlé il ya trente ans,

c'est l'heure

                     de la crémation-respiration

crois-tu bête comme tu es.

              Rien ne prospère sur la mort que la mort

elle-même

                et tu as beau te raconter l'histoire

du paradis

                qui s'est ouvert en cet été caniculaire où les vieux

meurent braisés près de leur téléphone muet,

tu es l'aveugle qui sent venir l'obstacle

la sourde aux mots tus qui puent.

                                               Non,

c'est les pieds qui puent comme rengaine la chanson

du parolier pété de l'été,

                           pèrepété à perpétuité

à coups de pied

                         à coups de poing à coups de

langue de vin arrosée.

La toute petite frappée devient une grande

                                                        qui cogne

                               sur un père à terre,

                               K.O bien avant le linceul.

 



Article ajouté le 2006-12-02 , consulté 4216 fois

Commentaires


O. de France le 30/10/2009 à 17:33:00
A un qui n'a rien compris, trop petit, malgré sa haute taille, pour un si grand amour. Il eut juste fallu qu'il écoute un peu, qu'il soit sensible aux mots, à leur magie, à leur poésie. tout était à portée de ses yeux verts, de son inculture même qui n'était pas un problème. Mais il n'a rien vu, rien voulu, s'obstinant à se tromper d'amour.
Petra le 18/05/2008 à 17:12:29
C'EST UNE CHANSON, LEGERE ET GRAVE, SOURIANTE ET EMUE... A QUI S'ADRESSE T-ELLE ?
Philaë le 04/12/2006 à 09:12:13
Ce texte, jusque là, est comme une prière monstrueuse. Dans la langue, l'auteure semble chercher son refuge, elle cherche ce quelqu'un qui lui a manqué. Son écriture agrippe et retient,supplie et tient tête. Une écriture qu'on pourrait dire traqueuse.

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