nathalie epron

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Le petit théâtre de Cage Marais (3)

              Une guerre, en plus des autres guerres, ta tranchée,

mon retranchement, ma soustraction à ton extrait de fille,

passage secret où je vais,

                                           où je départ

            pour une autre installation.

                                      Dans une Rome désirée.

                         Dans une Césarée récitée

                                                     dès l'aube dans chacune de tes tasses

de thé des Concubines que tu bois en abondance,

désaltérant tes soifs de la nuit,

ta bouche sans cesse occupée par des paroles

et des caresses profondes

                                      d'une femme muraille

ou

                                      d'une autre transparente

                                      ou des deux à la fois dans

                                      cette foi, parfois truquée,

d'un corps possiblement uni dans cette division.

      Le côté droit pour moi,

le gauche pour elle

ou

vice versa

ou

recto-verso ou cent kilos

                              pesant

sur la fille du dessous

qu'on enfonce dans les draps

qu'on sculpte dans le matelas,

qu'on recouvre de chair de plusieurs siècles, qu'on

ensevelit d'histoires à raconter.

                    Cent kilos qui deviennent une tonne

quand le mouvement s'épuise à trouver le sens du

plaisir

         dans ce désir unique

qui me repousse jusque dans les doigts forts d'une

                            main

                            quémandeuse

d'intérieur

pluvieux.

Une main qui ne se lasse pas

                                              de venir chercher

en moi

le sens de sa présence à nos côtés.

Et pour être à côté,

                                  il faut qu'elle vienne en moi

                                  souvent,

                                                longtemps,

qu'elle vienne en toi tout le temps.

Qu'elle soit à l'intérieur pour être à l'extérieur

     dans le même espace haletant de respiration

                               avec des mots qui l'y invitent.

Elle ne peut pas

faire un doigt de cour sans y être invitée

                               mais elle peut introduire tous ses doigts

sans permission de son papa

ou de sa maman

à partir de l'assentiment premier,

le consentement est pour jamais.

Une enfant qui, quand on lui a dit

                                                                    oui,

ne comprend pas

qu'on puisse lui dire

non.

Et si

papatoi dit

                     non,

c'est l'écrasement,

l'insupportable de la femme rejetée

qui tout à coup,

                          pèse cent tonnes

                                          sur toute chose.

T'appelant toi, elle en appelle une autre, suffocant à

l'image d'une mère absente, jamais là, d'une

tendresse ravie pour la vie.

Et moi,

           je me soucie de toi et je veille sur elle.

J'embrasse sur ses lèvres le sourire que tu laisses.

 

 



Article ajouté le 2006-11-18 , consulté 4289 fois

Commentaires


Héloïse le 06/07/2007 à 10:22:03
Histoire d'amour pétrie, pétrifiée dans le marbre de l'intertextualité. J'y vois une sculpture du temps qu'il a fait.

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