Le petit théâtre de Cage Marais (2)
Les grandes choses dont tu parles et
que tu ne veux pas nommer,
ces grandes choses c'est toi,
rien d'autre que toi, ce toi que tu as gros, cette grosseur,
cette grossesse de toi dont tu penses que je vais t'aider à accoucher.
Pourtant cet enfantement n'est pas en devenir,
il est là
maintenant, précisément.
Dans cet abrutissement
que
nous avons de ce face à face
constamment
mais moi,
je ne veux pas lâcher ça...
parce que...
si quelque chose doit jaillir, c'est là, c'est pas ailleurs.
Par moment, c'est insupportable alors on glisse dans la nuit de Paris
avec la bicyclette.
Par moment, tu cries, tu t'allonges parterre. Tu me tues,
ça t'arrange bien...
Comment tu me tues
comment tu es seule
comment tu peux faire excessivement mal
parce que toute chose te devient
intolérable.
Ce qui peut te divertir, c'est un peu de résistance.
A peine.
Tu es juste dans cette violence extrême, dans
l'abattement des coups que tu provoques en vain, tu es juste
dans la même sensation que cette petite fille
de cinq ans qui court autour de la table basse le jour de son anniversaire;
qui tourne, court, et dans l'ivresse de cette course
vaine
qui pour la minute qu'elle dure dure des
heures,
sait pour le coup qu'elle court pour rien,
pour les coups d'un grand méchant loup
qui finit par l'attraper,
la faire passer à la trappe de ses cinq ans qui
dure toute une vie.
Tu ne comprends rien : tu n'es pas passée à autre chose.
Ta jouissance à être là où tu es puisque c'est de là d'où tu viens.
Avec ton canif à égratigner les apparences.
J'aime quand tu es bête comme ça, incapable de recevoir la joie.
Tu n'es plus dans l'espérance, tu laisses spérance de côté, tu laisses poire
la banane sous les semelles des autres,
tu veux qu'ils se cassent la gueule
avec toi.
Mais moi, plus je vieillis, plus j'ai besoin de
choses en quoi croire.
Mon optimisme
c'est ma gloire,
le pessimisme c'est un luxe de jeunesse
entêtée
dans la souffrance de son corps,
dans la révolte de ce corps qui
n'est pas douleur.
Tu veux les autres traîner après toi,
tu veux les autres sciés dans ton sillage
aux odeurs de poudre et de mise à feu sentimentale,
petite traînée draînant du désir à chaque
pas soulevé,
promeneuse d'amour et tu
me ballades en baladant nos
voix.
Aujourd'hui, tant de chants mais où est l'air ?

Commentaires
V. Stein le 18/02/2009 à 17:17:57C'est une fiction analytique ou quoi ? De beaux moments cependant.
Madi le 27/09/2007 à 04:28:23
Drôle de texte drôle.
Lil le 01/12/2006 à 16:12:17
La puissance des mots pour dire le vide rude et mordant du refus