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PhotosForumNewsletterPhotographies de N. Miquel
A regarder ce rappel parfait de l'immense solitude, dans un monde n'en finissant pas d'accoupler l'obscur à l'obscur, je vois un sujet - qui est elle mais qui pourrait être moi - se tenant à distance parce que sa propre place dans l'univers ne va pas de soi. Dans cette succession de photographies qui s'enchaînent en une structure plus native que narrative, je décèle aussi, et presque paradoxalement, un engagement de lutteuse. La photographie de Nicole Miquel ne décrit pas, elle agit depuis la perception. La ville, comme la vie, penche et le gris assoupi entre les branches ne rêve plus, depuis longtemps, d'arc-en-ciel. Personne. Jamais. Nulle part. On peut y hurler à son aise, étant là seule au monde. La solitude s'étend jusqu'aux paupières : on ne voit que du gris, des formes en perdition, des ruines de civilisation dans cet Angkor à New-York, dans ces mâts de navire chavirant comme un appel au naufrage. Et, une vision tombe à pic, ravine le gouffre du qui suis-je ? Quelle réponse plus juste et plus absurde, puisque cela va de pair, que ces herbes folles plus hautes que des gratte-ciels. Son oeil n'est pas une boîte à éloquence, il n'est pas non plus englué de larmes, contrairement à ce qu'indique un titre qu'on dirait uniquement fait pour désorienter, pas plus une boîte à clichés où se rangeraient bien commodément les tiroirs pleins de nos attentes. Non, il n'y a rien à attendre de rien ! Dieu s'en tamponne et il ne faut pas lui demander à elle, dans ses ciels qu'on pourrait toucher, de l'aide pour nous cramponner à cet au-delà consolateur du triste, si triste ici-bas. L'aveu des petites choses, des gris à l'âme, des comment vivre ? s'alignent à vue feutrée. Il faut se faire à l'idée d'une vie pour rien, ou si peu. Reste à regarder.
MAIS On peut rêver au bonheur dans le fond du trou et photographier la lutte sur un petit air de flûte. Je l'entends ce pipeau au rythme des photos, un air doux et léger qui sifflote allez, va! dans l'ivresse sans alcool d'un siècle et d'un ciel noirs. Le sujet est vivant derrière son cri de bataille. A des yeux regardants, tout devient voyage, braise brûlante au vent dispersé, d'où cette couleur de cendre, signe de renaissance.
Article ajouté le 2008-01-31 , consulté 1701 fois CommentairesBRAISE le 26/06/2008 à 14:56:41QUELLE BEAUTE ! Eliane le 17/06/2008 à 09:31:52 JE SUIS TRES TOUCHEE PAR CE QUI SE DIT LA, PAR CE QUI SE VOIT LA. Pierre-Marie de Paris et d'ailleurs le 03/03/2008 à 18:41:44 C'est musical, c'est entraînant malgré la belle noirceur du propos qui désenchante à raison l'art de vivre et de saisir l'instantané photographique. Androgyne le 29/02/2008 à 01:02:37 Je suis touché, tellement touché. Aurélia le 19/02/2008 à 17:57:14 Je suis allée regarder les photos, c'est vrai qu'elles sont un peu "boulantes" avec une musique au spleen peut-être un peu trop appuyé mais l'ensemble : texte, photos, musique crée un univers total dans lequel on ne ressort pas indemne. Continuez votre collaboration, elle vaut vraiment le coup. nicole site : improbablenikki.blogg.org | le 18/02/2008 à 19:25:09 les images dont elle parle si bien s185.photobucket.com/albums/x228/improbablenikki/?action=view¤t=windowmedia.flv quand j'ai reçue ce texte j'ai pleuré. j'y ai immédiatement lu toutes ces choses que j'avais mis dans ces images parce que je ne pouvais pas en parler et tu me les as débusqué. merci du mais à très vite attend-on dit. nicole domi le 12/02/2008 à 20:56:51 je suis passée par là et rêve d'une seule chose que cela continue. Joseph K. le 07/02/2008 à 19:57:34 Tant de choses à lire sur le web et parfois quelque chose qui accroche, croche dur dans l'existence... Pierre le 05/02/2008 à 17:55:30 Noir, c'est noir... heureusement qu'il y a toujours cet humour qui préserve la violente espérance. Marlène Amarante le 04/02/2008 à 09:56:51 J'aimerai voir les photographies correspondant à ce beau texte.Où peut-on les trouver ? Colette L. le 04/02/2008 à 08:56:29 Poésie de l'image, poétique de l'humain. La solitude dont on meurt est aussi celle qui permet de produire le vrai, l'authentique de la peau comme un grain de poussière LiensVoir les articles de la catégorie " Arts "Afficher une version imprimable de cet article Retour aux articles |