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PhotosForumNewsletterLe petit théâtre de Cage Marais (15)Jean-Jacques Leiner me séduit par sa joie de vivre tout le temps, par sa fantaisie du geste quotidien sans quotidien aucun. Il est le créatif, je suis la femme qui assure tout des besoins matériels. Je travaille dix heures par jour dans un atelier qui fabrique des étagères. Je suis la seule ouvrière avec un garçon de mon âge qui récite du Verlaine en coupant, rabotant, jointant, animant de couleur la porcelaine de ses joues imberbes. C'est un vieux jeune homme à la voix cristalline, qui aime la répétition du mot et du geste, qui me dit ne trouver de sens que dans la répétition du geste et du mot. Je suis comme lui, j'aime l'aspect mécanique des choses, l'éternel recommencement de ce qui vient d'être achevé, là où gît la vie, son mouvement, je suis bien. Je n'en reviens jamais de cet automne après l'été, de ce jour après la nuit. Cette loi du vivant me plaît au-delà de tout. Avec Jean-Jacques Leiner, c'est pareil. Je rentre le soir dans sa maison héritée de ses parents. A vingt et une heures, après avoir fait le ménage, je prépare le dîner, j'ouvre deux bouteilles de vin, une de blanc, une de rouge. A vingt deux heures, il rentre toujours heureux de sa journée, toujours joyeux de me retrouver. Nous dînons gaiement ; nous rions beaucoup. A minuit, nous allons habiter la vaste pièce qui nous sert de chambre. Un lit seul trône au milieu. Je pose la dernière bouteille entamée à sa tête et je sirote un fond de verre en regardant Jean-Jasques Leiner amorcer lentement son strip-tease. Il nous régale de son numéro pas toujours très au point qui le fait se prendre les pieds dans son pantalon. J'aime le vol de ses mains autour de l'étoffe ; j'aime son corps bien proportionné. Je n'aime pas ses parties génitales mal formées avec testicule surnuméraire qu'il sait parfaitement dissimuler entre ses cuisses. Il me propose un corps sans sexe que je me mets à caresser. Quand il bande, je me pénètre avec sa queue. Il éjacule, je bascule pour que son sperme se répande en moi. Je veux l'enfant Leiner. Je m'accouple toutes les nuits avec l'homme Leiner. Sept fois par semaine, j'introduis son membre dans la cavité vaginale de Cage Marais, j'encage l'homme pour l'enfant. J'ai un désir forcené de petit garçon, d'un corps à développer dans mon corps, d'un corps à abriter dans mes entrailles. Mes viscères sont prêts à se ranger pour lui laisser la place. Je sens un à un mes organes se plier à l'injonction de mon désir, s'organiser entre eux pour accueillir confortablement un maillon de la chaîne. Mon ventre d'été mon ventre d'automne mon ventre d'hiver restent creux. Mes ventres s'obstinent au désir de cet habitant qui se fait attendre. Article ajouté le 2007-09-11 , consulté 3103 fois CommentairesJeffrey Terry le 14/09/2007 à 17:29:19I don't understand the whole of your text but I feel it very well. When I read you, I think about Callister or Duras.Continue, please. LiensVoir les articles de la catégorie " roman inédit en ligne "Afficher une version imprimable de cet article Retour aux articles |