nathalie epronArticles
PhotosForumNewsletterVieillesse ennemie des gouvernements successifsA une France vieillie pour laquelle on n'a rien prévu D'éternels nous sommes vécus Pourtant nous mourons en arbres presque centenaires Pas toujours debout jusqu'à la mort Regardant son squelette moins armature que courants d'air Et la chair s'enfuit à travers les côtes et le cerveau déménage retournant à l'enfance des mots des sentiments et des défécations – il n'y a pas que des mains dans les poches, que des poches sous les yeux, plus d'yeux (il y a des vieux vifs) dans les yeux (et des vieux hagards) De main dans la main tendue en vain Un ciel de peau plissé à toutes les jointures et parfois le miracle d'un centimètre carré de peau douce et lisse préservé de la vie qui passe et qu'on n'a pas vraiment vu passer ou alors dans les jours lents de plomb quand la vie en attente ne se fait pas Tant de morts parlent dans ma tête Un jour le rein lâche ou le foie ou le cœur ou le corps tout entier tout d'un coup La langue se retrousse vers la gorge étroite, l'air rare râle et c'est la fin – tant mieux pour certains car en attendant des moins vieilles s'occupent des plus vieilles Auxiliaires de vie à vie Le corps social entre les mains des femmes s'en débarrasse la vieillesse comme prime jeunesse est affaire de femmes fatiguées. Article ajouté le 2007-07-04 , consulté 1504 fois CommentairesVera le 17/08/2007 à 18:40:31Comme cette vérité esclavagiste est joliment dite! LiensVoir les articles de la catégorie " Politique "Afficher une version imprimable de cet article Retour aux articles |