nathalie epronArticles
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Toutes les femmes en une… Sans doute, comme toutes les autres, j'ai eu cette prétention, assujettie à l'idée toujours dominante qu'on doit tout mener de front, que c'est dans notre nature d'être bonne à tout faire. Las ! je me rends compte que je penche plutôt du côté de la bonne à rien et que je suis bien incapable de pouvoir tout affronter. Pourtant, je me suis dispensée de pas mal de tâches lourdes comme l'élevage d'enfants ou de maris, néanmoins, en ayant que le souci de ma petite personne, je ne parviens pas à concilier le superflu et le nécessaire, la rentabilité et l'intellect. Je suis débordée de toutes part, calculant au millième près le temps dont je dispose pour réaliser chaque jour tout ce que je dois faire et si, depuis quelques mois, je suis devenue une faiseuse de chiffres, je ne suis plus mais alors plus du tout une artisane des lettres ou pour être plus précise si, mais en tâcheronne des administratives, des juridiques, des financières… Certes, la lettre qui parle chiffre, c'est plus payant et il faut parfois s'accommoder d'être transformée en caisse enregistreuse mais j'aimerais continuer à entrer en résonance avec le temps qu'il fait. Or, j'ai beau, fidèle à mes habitudes de papivore, acheter journaux et magazines, me lever à quatre heures pour disposer d'au moins deux heures de lecture quotidienne, je n'ai pas le temps d'allier pain quotidien et nourritures plus cérébrales. Bon, je vous l'avoue, j'exerce ma cervelle autrement. Une autre mécanique se met en place, et je ne parle pas mécanique par facilité de langage mais parce qu'effectivement je n'ai jamais autant causé carrosserie, cardan, filtre à air etc. que depuis quelques mois, en jouant les expertes moi qui savais à peine distinguer le bruit d'une deux chevaux d'un feulement de tigre dans le moteur… Descendue de ma sphère céleste, j'apprends à être attentive au moindre détail qui rythme la vie d'une PME et à ne rien considérer comme négligeable. Plutôt distraite, par tempérament autant que par conviction, je passerai sous silence les efforts incessants que je dois fournir pour être à la hauteur de l'infiniment petit qui n'est pas, entendons-nous bien, expression de mépris mais précisément là où se situe l'enjeu d'une bonne gestion. Tous les jours, il y a urgence à s'occuper de, puis il y a encore plus urgent, puis le sururgent s'invite et il est vingt heures. Dîner rapide et écroulement de la carcasse. Je ne suis sans doute qu'une faible créature, néanmoins, je me demande, notamment, comment font les politiques, en période de surchauffe électorale, pour assurer jour après jour, la lourdeur de leur planning, le stress de la pression en ayant toujours la volonté de convaincre, le désir de séduire… Je pense aussi et avant tout à toutes ces femmes qui concilient , conjuguent le filial, le social, le linge sale et à cette absurdité tellement contemporaine, qui semble impossible à résoudre, entre ceux qui bossent trop et ceux qui n'ont pas de travail. Article ajouté le 2007-01-21 , consulté 1383 fois CommentairesLiensVoir les articles de la catégorie " Chroniques "Afficher une version imprimable de cet article Retour aux articles |