nathalie epronArticles
PhotosForumNewsletterLe petit théâtre de Cage Marais (6)Je ne sais rien Et je ne veux pas savoir la confidence inutile, la confiture poisseuse des souvenirs. J'apprends dans tes gestes uniquement le passé qui te fait désé- quilibrer le corps et lester ta main de lourdes claques. Dans ce sérieux qui te prend, j'ai toutes les patiences de tes impatiences, tout l'infini de tes frontières, toutes les nourritures pour rassasier ton ventre creusé toutes les deux heures dès le matin cinq heures et, quand tu perds ta culotte je t'en trouve d'autres que tu perds aussi parce que tu n'es pas femme culottée ou alors dans l'abri écrit bien au seul de ta pensée. Je te vois venir la culotte sur la tête, la boucle hilare comme entrée en résistance face au désir du monde. Tu parles dans ton rire d'une petite épouvante. Je suis assise à te regarder venir, sans attendre rien de précis que cette petite épouvante parlée dans ton rire. Si je t'imagine : c'est comme ça que je te vois la culotte à l'envers comme on peut désirer ne pas avoir de fesses ou de tête c'est pareil. Tu deviens un pur lieu d'accueil pour plus important que toi, pour tellement plus intéressant que toi. C'est là que j'aime dans la disparition dans la désaffection physique et mentale de ton être ôté de toi-même. Tu recouvres ta voix maquillée, tes gestes habillés, tu enlèves la culotte, tu reviens Nathalie là où tu t'es laissée, au même endroit où tu t'es lassée. Je suis assise à te regarder revenir, à te regarder remiser ton autre silhouette dans la penderie. Dehors, le tremblement des êtres dans l'amour tels que tu te plais à les rencontrer. Je te regarde par la fenêtre, la pluie a cessé dans cet automne encore en été. Laisse tes lèvres de fiancée ; remets tes bracelets, tes bagues, tes colliers, Je peux tout inventer pour toi magnifique. Des crayons suspendus au-dessus de ta tête et je te donne à boire la moitié du jus de ma prune et je trouve à manger sur tous les sentiers du monde et je couds l'ourlet, tous les ourlets de tous tes pantalons et j'embrasse toutes les bouches que tu embrasses et les fronts caressés par toi sont fronts caressés par moi. Mon amour est à moi et moi à lui. Je ne le lâche pas sur la méridienne pourpre, dans la citrouille où je creuse le potage de plusieurs jours, dans tes pas à mes pas précédés au tournant de la rue. Je ne le lâche pas sur les mers où passagère unique d'un cargo égaré dans chaque port du monde tu es pareille aux femmes attendant le rêve d'une vie pareille aux marins perdus à terre se pendant aux grues des quais abandonnés pareille à la liseuse avec le souvenir d'un livre dans chaque port pareille au mouchoir agité d'une main faiblissante dans la lumière du phare. Mon amour pendu à mon cou arpentant les quais inhabités, monamour collé à mes reins résigné à l'allure mon amour dans mon ventre grandissant dans le temps où nous sommes ensemble où nous sommes séparées par la course des carosses dans la tête des fées. Mon amour dans la vague qui connaît un peu la solitude que je connais.
Article ajouté le 2006-12-16 , consulté 3275 fois CommentairesCecilia L. le 18/05/2008 à 17:16:09C'est l'adieu à l'histoire, juste retenue la trace qu'on en garde. Anthony le 17/12/2007 à 15:32:51 C'est du foutage de gueule, non ? naisioxerloro le 29/11/2007 à 11:37:23 Hi. Good design, who make it? Lilian le 18/12/2006 à 09:55:04 Le déroutage poétique est aujourd'hui la seule façon de lire une réalité mosaïque qui semble échapper à la raison et qui pourtant la rejoint. LiensVoir les articles de la catégorie " roman inédit en ligne "Afficher une version imprimable de cet article Retour aux articles |