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    Le petit théâtre de Cage Marais (5)

    Ta stupéfaction scandalisée,

                 mon impassibilité,

                 impasse impair et passe

    impossibilité d'agression

                 je ne viens pas dans l'imbécillité

                  des affrontements.

    Je suis hors de tous les nous en furie,

    hors de tous les vous fossoyeurs.

    Je ne garde pas

    ton visage

    comme un caillou qui lapide la femme enterrée

    jusqu'au cou.

               Moi,

                je suis

    la soeur des frères sans fraternité, la fille du père

    aimant, sans soeur et censeure-mère aux femmes

    approchées par toi sans pèrefrère, étrangère

                                                 à tes origines étrangères

    du côté de ta mère

                                à qui pourtant va ta réclamation.

                     Tu vas entendre la voix de tes ancêtres !

                      Ah, bon !

    Langue qui t'indiffère, t'indispose même dans ses

    chuintements inélégants, comme une histoire de mode

    qui ne conviendrait pas à ton larynx où niche un lynx

    pour fêter tes vingt ans de cigarettes.

             Et, pendant ce temps-là,

    ton père

                                       sans

                                        fille

    se fait ouvrir le crâne.

    On va enfin voir ce qu'il y a dedans

                      au-dedans du pèreforé du père troué.

    Vrai père advenu sans faux pas,

    plus de faux père

                            d'il faut un père à son histoire

                                  restaurer le vieux principe du repère.

    Plus de minuscule histoire lourde à trimballer,

                   les coups disparaissent

                                    en même temps que la tête.

    Voilà

    comment le père disparaît  complètement de la terre en surface,

                de la mémoire de profundis deux ave trois pater

    à peine.

    Horriblement brûlé il ya trente ans,

    c'est l'heure

                         de la crémation-respiration

    crois-tu bête comme tu es.

                  Rien ne prospère sur la mort que la mort

    elle-même

                    et tu as beau te raconter l'histoire

    du paradis

                    qui s'est ouvert en cet été caniculaire où les vieux

    meurent braisés près de leur téléphone muet,

    tu es l'aveugle qui sent venir l'obstacle

    la sourde aux mots tus qui puent.

                                                   Non,

    c'est les pieds qui puent comme rengaine la chanson

    du parolier pété de l'été,

                               pèrepété à perpétuité

    à coups de pied

                             à coups de poing à coups de

    langue de vin arrosée.

    La toute petite frappée devient une grande

                                                            qui cogne

                                   sur un père à terre,

                                   K.O bien avant le linceul.

     



    Article ajouté le 2006-12-02 , consulté 3292 fois

    Commentaires


    Petra le 18/05/2008 à 17:12:29
    C'EST UNE CHANSON, LEGERE ET GRAVE, SOURIANTE ET EMUE... A QUI S'ADRESSE T-ELLE ?
    Philaë le 04/12/2006 à 09:12:13
    Ce texte, jusque là, est comme une prière monstrueuse. Dans la langue, l'auteure semble chercher son refuge, elle cherche ce quelqu'un qui lui a manqué. Son écriture agrippe et retient,supplie et tient tête. Une écriture qu'on pourrait dire traqueuse.

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