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    Le petit théâtre de Cage Marais (3)

                  Une guerre, en plus des autres guerres, ta tranchée,

    mon retranchement, ma soustraction à ton extrait de fille,

    passage secret où je vais,

                                               où je départ

                pour une autre installation.

                                          Dans une Rome désirée.

                             Dans une Césarée récitée

                                                         dès l'aube dans chacune de tes tasses

    de thé des Concubines que tu bois en abondance,

    désaltérant tes soifs de la nuit,

    ta bouche sans cesse occupée par des paroles

    et des caresses profondes

                                          d'une femme muraille

    ou

                                          d'une autre transparente

                                          ou des deux à la fois dans

                                          cette foi, parfois truquée,

    d'un corps possiblement uni dans cette division.

          Le côté droit pour moi,

    le gauche pour elle

    ou

    vice versa

    ou

    recto-verso ou cent kilos

                                  pesant

    sur la fille du dessous

    qu'on enfonce dans les draps

    qu'on sculpte dans le matelas,

    qu'on recouvre de chair de plusieurs siècles, qu'on

    ensevelit d'histoires à raconter.

                        Cent kilos qui deviennent une tonne

    quand le mouvement s'épuise à trouver le sens du

    plaisir

             dans ce désir unique

    qui me repousse jusque dans les doigts forts d'une

                                main

                                quémandeuse

    d'intérieur

    pluvieux.

    Une main qui ne se lasse pas

                                                  de venir chercher

    en moi

    le sens de sa présence à nos côtés.

    Et pour être à côté,

                                      il faut qu'elle vienne en moi

                                      souvent,

                                                    longtemps,

    qu'elle vienne en toi tout le temps.

    Qu'elle soit à l'intérieur pour être à l'extérieur

         dans le même espace haletant de respiration

                                   avec des mots qui l'y invitent.

    Elle ne peut pas

    faire un doigt de cour sans y être invitée

                                   mais elle peut introduire tous ses doigts

    sans permission de son papa

    ou de sa maman

    à partir de l'assentiment premier,

    le consentement est pour jamais.

    Une enfant qui, quand on lui a dit

                                                                        oui,

    ne comprend pas

    qu'on puisse lui dire

    non.

    Et si

    papatoi dit

                         non,

    c'est l'écrasement,

    l'insupportable de la femme rejetée

    qui tout à coup,

                              pèse cent tonnes

                                              sur toute chose.

    T'appelant toi, elle en appelle une autre, suffocant à

    l'image d'une mère absente, jamais là, d'une

    tendresse ravie pour la vie.

    Et moi,

               je me soucie de toi et je veille sur elle.

    J'embrasse sur ses lèvres le sourire que tu laisses.

     

     



    Article ajouté le 2006-11-18 , consulté 3325 fois

    Commentaires


    Héloïse le 06/07/2007 à 10:22:03
    Histoire d'amour pétrie, pétrifiée dans le marbre de l'intertextualité. J'y vois une sculpture du temps qu'il a fait.

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