nathalie epronArticles
PhotosForumNewsletterLe petit théâtre de Cage Marais (2)Les grandes choses dont tu parles et que tu ne veux pas nommer, ces grandes choses c'est toi, rien d'autre que toi, ce toi que tu as gros, cette grosseur, cette grossesse de toi dont tu penses que je vais t'aider à accoucher. Pourtant cet enfantement n'est pas en devenir, il est là maintenant, précisément. Dans cet abrutissement que nous avons de ce face à face constamment mais moi, je ne veux pas lâcher ça... parce que... si quelque chose doit jaillir, c'est là, c'est pas ailleurs. Par moment, c'est insupportable alors on glisse dans la nuit de Paris avec la bicyclette. Par moment, tu cries, tu t'allonges parterre. Tu me tues, ça t'arrange bien... Comment tu me tues comment tu es seule comment tu peux faire excessivement mal parce que toute chose te devient intolérable. Ce qui peut te divertir, c'est un peu de résistance. A peine. Tu es juste dans cette violence extrême, dans l'abattement des coups que tu provoques en vain, tu es juste dans la même sensation que cette petite fille de cinq ans qui court autour de la table basse le jour de son anniversaire; qui tourne, court, et dans l'ivresse de cette course vaine qui pour la minute qu'elle dure dure des heures, sait pour le coup qu'elle court pour rien, pour les coups d'un grand méchant loup qui finit par l'attraper, la faire passer à la trappe de ses cinq ans qui dure toute une vie. Tu ne comprends rien : tu n'es pas passée à autre chose. Ta jouissance à être là où tu es puisque c'est de là d'où tu viens. Avec ton canif à égratigner les apparences. J'aime quand tu es bête comme ça, incapable de recevoir la joie. Tu n'es plus dans l'espérance, tu laisses spérance de côté, tu laisses poire la banane sous les semelles des autres, tu veux qu'ils se cassent la gueule avec toi. Mais moi, plus je vieillis, plus j'ai besoin de choses en quoi croire. Mon optimisme c'est ma gloire, le pessimisme c'est un luxe de jeunesse entêtée dans la souffrance de son corps, dans la révolte de ce corps qui n'est pas douleur. Tu veux les autres traîner après toi, tu veux les autres sciés dans ton sillage aux odeurs de poudre et de mise à feu sentimentale, petite traînée draînant du désir à chaque pas soulevé, promeneuse d'amour et tu me ballades en baladant nos voix. Aujourd'hui, tant de chants mais où est l'air ?
Article ajouté le 2006-11-15 , consulté 3408 fois CommentairesMadi le 27/09/2007 à 04:28:23Drôle de texte drôle. Lil le 01/12/2006 à 16:12:17 La puissance des mots pour dire le vide rude et mordant du refus LiensVoir les articles de la catégorie " roman inédit en ligne "Afficher une version imprimable de cet article Retour aux articles |