Je connais le langage des sourds, leurs cris, leurs grimaces, leurs irritantes mimiques les yeux écarquillés pour mieux entendre ce qu'ils n'écoutent jamais. Mère, fils : même combat à ne jamais envisager ces têtes sur cou tendues vers eux. Ma vertu, pendant des années, à la faire exister. Tout meurt à ma propre existence et mon sosie, si peu à ma semblance, parlant à contre-sourd, éclaire une réalité qui m'a tenue lieu de réel. Tous les rapports ardents du dit et du non-dit, tous les chemins vivants, les sentiers morts, les derniers pièges de la terreur, les chutes, les remontées, les déluges et maintenant comme un cerveau tombé de haut. Des impatiences tout le temps en réponse aux patiences massives. J'ai tout à deviner des dons tels des douleurs. Tout ce qui se répète est à vomir. A genoux l'enfance ! la mémoire prend feu au souvenir vague d'une rebelle ridicule à râler dans les coins. Il a fallu les crever pour les ouvrir mes yeux tandis que dans les yeux verts de l'anti-homme quelle bêtise que la guerre. Ne valaient rien, disait-elle véhémente, ses ennemis imprécis qui se réduisaient juste à son petit mari. De son lopin terrée, des paroles toujours méprisent l'homme en ses oeuvres, le monde renversé serait tellement mieux mais quand elle le peut la silhouette surmontée d'une belle tête d'homme emporte ses suffrages de femelle archaïque. Il faut la croire sur parole de l'instant. L'instant change, la parole vole.